1ere étape ou comment faire plus de 1000 milles au près avec une pelle a tarte (un truc plat et large pas du tout adapté pour remonter au vent) saupoudrés de 2 jours de pétole molle.
Le bilan sportif n’est pas très brillant mais j’y suis arrive, et cela, ce n’était pas gagné. Il suffit de voir le nombre d’abandons dans cette étape pour en être convaincu.
Le bilan moral est plus que satisfaisant même si j’ai eu un gros coup de mou le 3 ou 4 aout quand j’ai compris que je ne serai pas a mon rendez-vous galant avec Olimpia a l’aéroport de Horta. Je me faisais une joie dans la perspective de l’accueillir ainsi que Giulia et Anna après avoir eu le temps de remettre en état le bateau afin de passer quelques jours de vacance en famille. Elles vous diront que c’est si rare qu’elles n’y croyaient pas une seule seconde. Mais moi, j’y croyais !! Bon tout n’est pas noir. Je suis arrive avec 48 heures de retard. Vous connaissez beaucoup de femmes acceptant un tel retard pour un rendez-vous galant ?
Sinon, en mer, c’était bien ! Comme d’habitude tous les noms d’oiseaux on été dit lors des moments de pétole ou la bôme ne cherche qu’a vous assommer, lors des moments de bastons ou tous les angles du bateau s’allient pour vous faire devenir qu’un amas de bleus. A ce propos, j’ai fait une photo de ma cuisse trois jours après les 2 fronts subis au cap Finisterre. A mon avis, si je montre cela a la police, Olimpia passera quelques nuits en prison pour violence conjugale.
Pour en revenir aux sensations, je ne suis rentre dans le sujet que lors du passage des deux fronts au cap. 35 nœuds au près dans une mer hachée, rien de mieux pour remettre les idées en place.
Ensuite, les heures de pétole (voire les jours, 47 milles en 24 heures) ont été les plus dures. Je ne supporte pas cela, je préfère une bonne branlée que des heures à entendre le gréement subir les outrages des faseyements.
Le bilan technique est mitigé. Les éléments vitaux du bateau sont en place (gréement, voiles, structures, appendices). Il faudra tout de même checker tout cela avant de repartir (J’ai du faire raccourci une bastaque car un gendarme sur le câble est apparu. Sinon la ’’to do List’’ est longue et l’étape à terre s’annonce courte.
- étanchéité du pied de mat à refaire. En effet, j’ai écopé environ 50 litres d’eau de mer dans les fonds. A chaque vague sur le pont, ’’quelques’’ gouttes entraient par le mat et comme il y a eu beaucoup de vagues, on y arrive vite aux 50 litres. L’erreur vient d’avoir reréglé le mat après avoir étanchéifier. Suite au prologue, je n’étais pas content du réglage et j’ai tout refait (enfin presque). Il faut aussi dire que les conditions au près ne facilitent pas les choses. La cale arrière du mat a gicle de son emplacement alors qu’elle est mise à coups de marteau …
- la contre-plaque du bout-dehors a explose après 2 heures de bons et loyaux services sous gennaker un peu muscle. Le plexiglas est trop rigide pour encaisser les à-coups de la compression du bout-dehors et absorber les déformations subies. Je devrais mettre une plaque de monolithique après la 2eme étape.
- La girouette-anémo n’a fonctionne que 2 jours. Depuis elle s’obstine à indiquer un vent bâbord amure de 49 degrés oscillant entre 200 et 300 nœuds ! L’aspect mécanique a l’air bon mais je crains que la conversion analogique-numérique ait subi des dommages irréversibles. Si vous connaissez une boite d’électronique capable de faire des composants résistants, je suis preneur !
- Le GPS a rendu l’âme. Il ne veut plus rien savoir depuis 5 jours avant l’arrivée. Je n’ai pas eu la patience et le temps pour faire la même réparation (refaire les contacts) que Jacky en début de saison. Rémy Andréan (le 492) m’a dépanné car il avait en spare le même GPS que le mien plus 2 GPS portables. Il m’a donc prêté le Navman Tracker 500 qui a l’air plus neuf que celui de LopLop.
- Depuis le temps que la bouilloire et le panneau de l’équipet de la table a cartes se regardait en chiens de faïence, la situation a dégénéré lorsque le panneau a mis un coup de boule a la bouilloire. Evidement, le contenu de l’équipet a suivi comme un seul homme. Le résultat ressemblait à Beyrouth après une riposte de Tsahal (armée israélienne) à une attaque du Hezbollah. Le panneau sera remis au même moment que le panneau des insubs tribord arrière qui a essaye de fuir sous les coups de butoir d’une mer hachée au cap Finisterre.
- Enfin, j’ai eu un énorme souci d’énergie. Au 2eme jour, j’ai voulu mettre en charge en utilisant le générateur en mode 220 volts. 10 secondes après, le générateur s’est mis en veille indiquant que la charge se passait mal. J’ai vérifie les contacts pensant a un court-circuit, mais rien de probant de ce cote-la. Résultat, plus moyen de recharger les batteries a l’exclusion du panneau solaire qui, comme son nom l’indique, a besoin de soleil pour travailler. Vu le nombre de fronts qu’on s’est pris, les nuages et la pluie ont été présents très souvent au début. J’ai donc battu mon record de barre (30 heures avec 2 siestes de 15-20 minutes dans le cockpit saupoudrées de vagues vicieuses dans le cou lors du passage au cap Finisterre). Ensuite, j’ai réussi à utiliser un sandow pour barrer au près. Mais des que le vent permet d’ouvrir le plan de voilure, cette technique ne marche pas bien et il faut barrer. J’ai donc barré toutes les nuits en laissant le pilote et le panneau s’occuper seul du bateau les moments ensoleilles. Mon bronzage en a pâti … J’hésite encore à acheter de nouvelles batteries (600 euros tout de même) ou croire au programme « restore » du chargeur de Rémy (toujours lui) qui permet de désulfater les batteries qui ont subi des décharges profondes. Décision mardi
Comme vous pouvez le constater, j’ai du boulot (et encore, je ne vous raconte pas tout). Le blog n’est donc pas mis à jour très souvent, car je préfère bosser sur le bateau pour me permettre de rentrer dans des conditions acceptables. Il faut que je bosse. Les vacances farniente en famille, ce sera pour une prochaine fois !